mercredi 10 mars 2010

Le jeu des comparaisons

Les détracteurs du gel des frais de scolarité insistent souvent sur le fait que les frais sont les plus bas au Canada. Que nous jouissons d’un privilège (alors que l’éducation devrait être un droit), que nous sommes gâtés.

Dans ce cas-ci, pourquoi faut-il absolument se comparer aux autres provinces ou aux États-Unis? Pourquoi ne nous comparons-nous pas aux pays européens?


On voit bien dans ce tableau que nous n’avons pas de quoi se vanter. Par contre, il faut comprendre qu’à chaque fois qu’on joue le jeu des comparaisons, nous faisons fausse route. Pourquoi? Tout simplement parce que d’un pays à l’autre, d’une province à l’autre, les réalités sont différentes. Prenons par exemple l’impôt. Oui, nos frais de scolarité sont moins élevés que les autres provinces. Par contre, nous payons beaucoup plus d’impôt. Nous serions donc en droit de s’attendre à payer moins de frais…

D’ailleurs, selon une étude publiée dans le Educational Policy Institute, le coût relatif des études au Québec se retrouve au 30e rang à travers 50 états et 10 provinces… On a l’air moins gâté, non?

Tout ça pour dire qu’il faut arrêter de se comparer. Qu’il faut décider ce que l’on veut faire nous même de notre Québec. Pis tant qu’à moi, je préfère pas mal plus payer beaucoup d’impôt, mais avoir une éducation accessible à tous, sans exception, plutôt que de se retrouver de plus en plus dans un système ressemblant à celui des Américains…

L'université accessible: n'imitons pas le modèle américain

(cyberpresse.ca)

mardi 9 mars 2010

Le pacte à Lucien

En ce qui concerne les frais de scolarité, nous sommes tous au courant présentement que nous vivons un dégel qui aura comme conséquence une augmentation de 500$ par session. La question qui est sur toutes les lèvres dans le mouvement étudiant présentement est la suivante : que se passera-t-il après ce dégel?

En tenant compte des enjeux reliés à l'accessibilité financière, l'idéal serait, selon moi, un gel des frais de scolarité. Dans un monde utopique, ces frais seraient réduits pour corriger l'erreur du gouvernement, mais bon, on peut toujours rêver. Cependant, selon les différents acteurs du milieu, nous nous dirigeons présentement vers une hausse des frais de scolarité.

À quel point cette hausse sera grande? Ou plutôt, combien d'étudiants tomberont dans un gouffre de l'endettement de plus en plus profond? Ou combien d'étudiants devront carrément rayer les études supérieures de leur futur?

Si on se fie au budget de l'UQAM, les hausses continueront à 100$ par année jusqu'en 2015-2016. C'est donc, si je ne me trompe pas, une seconde hausse de 400$.

Par contre, comme vous l'avez probablement tous lu et entendu, Lucien Bouchard et certains de ses compatriotes sont dernièrement sortis dans les journaux afin de vanter leur pacte: réglons le sous-financement des universités avec l'aide de l'argent des étudiants. Bref, avec l'argent de ceux qui n'en ont pas. Même si le gouvernement fédéral finance les universités, aucune demande n'a été faite dans cette direction.

Pourquoi cette mesure ne serait qu'un boulet pour le Québec?
  • Accessibilité réduite aux études supérieures
  • Endettement des étudiants, de la future classe moyenne
  • Désengagement du gouvernement provincial dans le financement des universités : la part du gouvernement dans le financement des universités est passée de 87% à 71% depuis le dégel de 1988.
Et maintenant, parlant des chiffres avancés dans ce fameux pacte. En moyenne, les étudiants devraient subir une augmentation de 2000$ par année, et ce, pendant 3 ans. Si je me fis à mes propres frais, je paye présentement 2800$ par année... Je payerais donc près de 9000$ par année. N'ayant pas accès à l'aide financière, et doutant de la capacité de mes parents à payer environ 30 000$ en 3 ans pour faire mon baccalauréat (ce qui n'inclut pas les livres, le logement, la bouffe, etc.), je devrais probablement m'endetter auprès d'une banque...
Cependant, je n'ai pas précisé que les programmes coûtant plus cher payeront plus cher. Donc, pour étudier en médecine, l'augmentation des frais atteindrait 10 000 à 12 000$ par an! Bonne blague...
Bref, il faut garder en tête que ce ne sont que des suppositions. Nous ne connaissons pas les intentions du gouvernement, mais les prévisions sont loin d'être bonnes. Selon Courchesne, il y a présentement un "consensus " au Québec pour une augmentation des frais de scolarités. Un "consensus " pour endetter la future génération, celle qui en aura déjà beaucoup sur le dos.

Nous saurons dès le prochain budget quelles seront les intentions du gouvernement, mais il faut absolument que nous ne nous laissions pas faire, que le message soit clair : nous ne voulons pas d'un modèle américain, nous ne voulons pas de ce modèle déficient. Nous voulons toutes les chances de s'en sortir, et ce n’est surement pas en augmentant les frais de scolarité que nous y arriverons.

lundi 8 mars 2010

L'accessibilité scolaire

Est-ce que les études universitaires sont ouvertes à tous? À première vue, on pourrait dire que oui, tout le monde peut y aller. Par contre, ce n’est pas si simple que ça. Lorsqu’on y regarde de plus près, environ 70% des étudiantes universitaires proviennent de famille ayant un revenu élevé. Qu’est-ce qui explique cet écart? Les réponses sont nombreuses. On peut penser au sexe, aux conditions socioculturelles, etc. Plusieurs de ces facteurs sont difficilement contrôlables, mais il y en a une que l’on peut régler, si la volonté politique y est, c’est-à-dire l’aspect financier.

En effet, de nombreuses études ont analysé la question et plusieurs d’entre elles se contredisaient. Cependant, le Conseil des ministres de l’Éducation du Canada a étudié ces études et en est venu à la conclusion que les études les plus exhaustives annonçaient qu’une hausse des frais de scolarité réduirait l’accessibilité aux études supérieures. Les études plus simplettes, omettant plusieurs facteurs, affirmaient le contraire. D’ailleurs, une étude financée par les Libéraux eux-mêmes, lors de l’épisode du dégel, affirmait que ce dégel empêcherait de 6000 à 13 000 étudiants d’accéder aux études supérieures. Des étudiants qui seraient peut-être devenus des professeurs, des ingénieurs, des biologistes, des avocats…
Des étudiants qui auraient probablement obtenu un meilleur salaire, payant ainsi éventuellement plus d’impôt… Bref. On se tire une balle dans le pied. Et on parle ici seulement d’une augmentation de 500$ en bout de ligne par session. Pas de 3000-4000$ comme le voudrait si chèrement Lucien Bouchard et compagnie…

Une de mes professeurs nous a dit à quelques reprises qu’elle n’avait jamais rencontré d’étudiants qui n’avaient pas les capacités intellectuelles pour passer à travers les études universitaires. Une chose est sûre : plusieurs étudiants n’ont pas les moyens financiers pour passer au travers. Environ 25% des décrocheurs abandonnent pour des raisons financières… Et maintenant on parle d’augmenter massivement les frais? Combien de décrocheurs de plus faudra-t-il pour se rendre compte de l’idiotie derrière cette mesure?

Bienvenue!

J’ai décidé de créer ce blogue parce que j’en ai ras le bol de ce gouvernement. Aussi simple que ça. Je suis écoeuré de voir un gouvernement sans vision à long terme, qui ne gouverne que pour être réélu à la prochaine élection et qui n’a tout simplement pas de couille.

Un gouvernement qui ne tient pas compte du bien-être des étudiants et des pauvres, pour la simple raison que ce ne sont pas des électeurs qui votent pour les libéraux.

Un gouvernement qui tient toujours la même recette : on se met dans le rouge, on coupe, on fait plaisir à nos électeurs, on se fait réélire. Et ça marche! On ne peut pas leur reprocher d’être des mauvais politiciens, sinon ils ne seraient pas au pouvoir. Par contre, entre bon politicien et bonne gestion de l’avenir du Québec, il y a une grande différence…

Bref, j’ai décidé de créer ce blogue pour sensibiliser ceux qui s’intéressent aux différents aspects de la cause étudiante en amenant des faits et des réflexions. Ça sera à vous de faire le choix à savoir si ça vaut la peine de descendre dans les rues ou non…

Pierluc!